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Édito de Mgr James : à la Pentecôte, demandons la paix

À quelques jours des fêtes de Pentecôte, nous demandons au Seigneur, le don de Sa paix pour notre monde. Au cours de son récent voyage en Afrique, le Pape Léon XIV a adressé autant aux hommes d’Etat qu’aux communautés chrétiennes, un vibrant appel à la paix, nous invitant tous à être des artisans de paix.

Son propos vaut pour notre pays et notre diocèse. Je vous invite à faire la lecture de deux extraits de ses discours. Qu’ils nourrissent notre prière et notre action !

Bonnes fêtes de Pentecôte,
+Jean-Paul James

Discours du Saint Père au Palais Présidentiel (Yaoundé), mercredi 15 avril 2026

… Il y a 1600 ans, saint Augustin écrivait des mots d’une grande actualité : « Ceux qui commandent sont au service de ceux qu’ils semblent commander. Ils ne commandent pas par soif de domination, mais par devoir de subvenir aux besoins ; non par orgueil pour s’imposer, mais par compassion pour protéger ». Dans cette perspective, servir son pays c’est se consacrer, avec un esprit lucide et une conscience intègre, au bien commun de tout le peuple : de la majorité, des minorités, dans leur harmonie réciproque.

Aujourd’hui, comme beaucoup d’autres nations, votre pays traverse des épreuves compliquées. Les tensions et les violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l’extrême nord ont causé de profondes souffrances : des vies perdues, des familles déplacées, des enfants privés d’école, des jeunes qui ne voient pas d’avenir. Derrière les statistiques, il y a des visages, des histoires, des espérances brisées. Face à des situations aussi dramatiques j’ai, au début de cette année, invité l’humanité à rejeter la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice. Une paix désarmée, c’est-à-dire qui n’est pas fondée sur la peur, la menace ou les armements ; et désarmante, car capable de résoudre les conflits, d’ouvrir les cœurs et de susciter la confiance, l’empathie et l’espérance. La paix ne peut être réduite à un slogan : elle doit s’incarner dans un style, personnel et institutionnel, qui rejette toute forme de violence. C’est pourquoi je le répète avec force : « Le monde a soif de paix. […] Assez de guerres, avec leur douloureux cortège de morts, de destructions, d’exilés ». Ce cri veut être un appel à la volonté de contribuer à une paix authentique, en la faisant passer avant tout intérêt partisan.

La paix, en effet, ne se décrète pas : elle s’accueille et se vit. Elle est un don de Dieu qui se développe à travers un travail patient et collectif. Elle est de la responsabilité de tous, en premier lieu celle des autorités civiles. Gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins. Le commandement “aime ton prochain comme toi-même” s’applique également aux relations internationales ! Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens, estimer leur intelligence et leur capacité à contribuer à l’élaboration de solutions durables aux problèmes. Le Pape François a souligné la nécessité de dépasser « cette conception des politiques sociales comme une politique envers les pauvres, mais jamais avec les pauvres, jamais pour les pauvres, et encore moins inscrite dans un projet qui rassemble les peuples ».

Discours du Saint Père à la Cathédrale de Bamenda  (Cameroun), jeudi 16 avril 2026

… l’archevêque rappelait la prophétie qui proclame : « Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds de celui qui annonce la paix ! » (Is 52, 7). Il saluait ainsi ma venue parmi vous, mais je voudrais maintenant répondre : combien vos pieds sont beaux eux aussi, couverts de la poussière de cette terre ensanglantée, mais fertile, de cette terre outragée, mais riche en végétation et généreuse en fruits. Ce sont vos pieds qui vous ont amenés jusqu’ici, et malgré les difficultés et les obstacles, ils sont restés sur le chemin du bien. Puissions-nous tous continuer à suivre ce chemin du bien qui mène à la paix. Je vous remercie pour vos paroles de bienvenue, car c’est vrai : je suis ici pour proclamer la paix.  Et pourtant, je constate que c’est vous qui proclamez la paix à mon égard, et à l’égard du monde entier. En effet, …, la crise qui a bouleversé ces régions du Cameroun a rapproché plus que jamais les communautés chrétiennes et musulmanes, à tel point que vos chefs religieux se sont unis et ont fondé un Mouvement pour la paix, à travers lequel ils cherchent à servir de médiateurs entre les parties adverses. J’aimerais que cela se produise dans tant d’autres endroits du monde. Votre témoignage, votre engagement pour la paix peuvent servir de modèle au monde entier ! Jésus nous a dit :  Heureux les artisans de paix !  Malheur, en revanche, à ceux qui détournent les religions et le nom même de Dieu à leurs propres fins, militaires, économiques ou politiques, entraînant ce qui est saint dans ce qu’il y a de plus sordide et de plus sombre….

Les seigneurs de la guerre font semblant de l’ignorer, mais il suffit d’un instant pour détruire, alors qu’une vie entière ne suffit souvent pas pour reconstruire. Ils font semblant de fermer les yeux sur le fait qu’il faut des milliards de dollars pour tuer et dévaster, mais qu’on ne trouve pas les ressources nécessaires pour soigner, éduquer et relever. Ceux qui dépouillent votre terre de ses ressources investissent généralement une grande partie des profits dans les armes, dans une spirale de déstabilisation et de mort sans fin. C’est un monde à l’envers, une perversion de la création de Dieu que toute conscience honnête doit dénoncer et rejeter, en choisissant ce revirement à 180 degrés – la conversion – qui conduit dans la direction opposée, sur la voie durable et riche de la fraternité humaine. Le monde est détruit par quelques dominateurs et maintenu sur pied par une myriade de frères et sœurs solidaires ! Ils sont de la descendance d’Abraham, innombrables comme les étoiles du ciel et les grains de sable sur la plage de la mer. Regardons-nous dans les yeux : nous sommes déjà ce peuple immense ! La paix n’est pas à inventer : elle est à accueillir, en accueillant le prochain comme notre frère et comme notre sœur. Personne ne choisit ses frères et sœurs : nous devons simplement nous accueillir les uns les autres ! Nous formons une seule famille et habitons la même maison, cette merveilleuse planète dont les cultures anciennes ont pris soin pendant des millénaires…

Chers frères et sœurs de Bamenda, c’est avec ces sentiments que je suis aujourd’hui parmi vous ! Servons la paix ensemble ! « Il faut se reconnaître comme marqués au fer rouge par cette mission d’éclairer, de bénir, de vivifier, de relever, de guérir, de libérer. C’est là que se révèlent l’infirmière dans l’âme, l’enseignant dans l’âme, le politicien dans l’âme, ceux qui ont décidé au plus profond d’eux-mêmes d’être avec les autres et pour les autres » (Pape François, la joie de l’Évangile n.273) …Cheminons ensemble, dans l’amour, en recherchant sans cesse la paix.

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