L’économe diocésain Hubert de Scorraille présente les enjeux du projet “Un toit pour l’Espérance”, entre rénovation du patrimoine, solidarité et mission pastorale.
- Pourquoi le diocèse a-t-il choisi de s’engager dans le projet “Un toit pour l’espérance”, et à quel besoin concret répond-il aujourd’hui ?
Le diocèse de Bordeaux a choisi de s’engager dans le projet “Un toit pour l’Espérance” parce qu’il est aujourd’hui confronté à un enjeu très concret : adapter, rénover et faire vivre son patrimoine immobilier au service de sa mission pastorale, sociale et fraternelle. À la suite de la lettre pastorale de Mgr James, “Osez l’avenir”, nous avons pris le parti d’une démarche ambitieuse : faire en sorte que chaque paroisse puisse disposer, autant que possible, d’un presbytère et d’une maison paroissiale dignes, accueillants et adaptés aux besoins actuels. Ces lieux ne sont pas seulement des bâtiments : ce sont des espaces de rencontre, d’écoute, de prière, de formation, de fraternité et d’accueil.
Dans le même temps, nous devons porter une attention particulière aux conditions de logement de nos prêtres âgés, qui ont donné leur vie au service de l’Église et des communautés. Leur offrir un cadre de vie digne, sécurisé et adapté est une responsabilité humaine, pastorale et spirituelle. Enfin, l’Église ne peut pas rester indifférente aux fragilités de notre société. Le logement est aujourd’hui une question majeure : isolement, précarité, vieillissement, difficulté à trouver un toit ou à vivre dans des conditions dignes. À sa mesure, le diocèse souhaite que son patrimoine puisse aussi devenir un levier de solidarité et d’espérance.
C’est dans ce contexte que la soirée “Un toit pour l’Espérance” prend tout son sens. Elle vise à mobiliser des donateurs autour de projets structurants, mais aussi à faire comprendre que l’Association diocésaine de Bordeaux porte des enjeux qui dépassent la seule gestion immobilière. Il s’agit de soutenir des projets pastoraux, sociaux et culturels, au service de la mission de l’Église et du bien commun.
En résumé, ce projet répond à un besoin très concret : offrir des lieux adaptés pour la vie de l’Église aujourd’hui, prendre soin de ceux qui l’ont servie, et mettre notre patrimoine au service de l’espérance et des plus fragiles.
- Pouvez-vous expliquer le nom de cette soirée ?
Le nom “Un toit pour l’Espérance” a d’abord été choisi comme un clin d’œil à l’année jubilaire, dont le thème était précisément l’espérance. Ce mot est au cœur de la foi chrétienne : l’espérance que Dieu nous donne, l’espérance qui soutient les personnes dans les épreuves, l’espérance que l’Église est appelée à annoncer et à rendre concrète.
Le mot “toit”, lui, renvoie à quelque chose de très simple et de très concret. Un toit, c’est l’élément essentiel d’un bâtiment : sans lui, la maison prend l’eau, elle se dégrade, elle ne protège plus. Mais un toit, c’est aussi ce qui abrite, ce qui rassemble, ce qui permet de vivre en sécurité et en dignité.
Ce nom prend donc un sens très fort pour les projets à dimension sociale, comme Kergomard, avec la création de logements sociaux, ou Saint-Victor, qui a vocation à devenir un lieu d’accueil pour les fragilités. Dans ces projets, il s’agit vraiment d’offrir plus qu’un bâtiment : un refuge, une présence, une attention concrète à celles et ceux qui traversent des situations difficiles. Mais ce nom a également toute sa place pour les projets plus pastoraux, comme ceux de Biganos, Fargues-Saint-Hilaire ou Saint-André-de-Cubzac. Car une maison paroissiale, un presbytère ou un lieu d’Église ne sont pas seulement des murs rénovés : ce sont des lieux où l’on accueille, où l’on écoute, où l’on célèbre, où l’on transmet la foi, où l’on annonce l’espérance chrétienne.
Au fond, “Un toit pour l’Espérance” exprime bien la double ambition de cette soirée : rénover des lieux concrets, solides, utiles, mais aussi permettre à ces lieux de devenir des signes visibles de l’espérance que nous portons — une espérance enracinée dans notre foi en un Dieu qui est mort et ressuscité pour nous sauver.
- Un comité de soutien a été constitué en amont de cette soirée. Quel rôle a-t-il joué dans cet événement ?
Le comité de soutien a joué un rôle essentiel dans la préparation et la réussite de cette soirée. Il a d’abord été pour nous un lieu d’écoute et de discernement : ses membres nous ont permis de mieux comprendre la perception que pouvait susciter une telle initiative, d’en mesurer les attentes, mais aussi les éventuelles réserves. Ils ont ensuite été parmi les premiers à s’engager concrètement à nos côtés. Certains l’ont fait par un soutien financier, d’autres par des contributions en nature. Je pense notamment aux négociants et aux viticulteurs qui ont offert du vin pour le cocktail de la soirée. Ces gestes ont été précieux, car ils ont permis de créer une dynamique de générosité dès les premières étapes du projet.
Le comité de soutien a également joué un rôle d’ambassadeur. Ses membres ont parlé de la soirée autour d’eux, ont invité, convaincu, mobilisé des personnes qui ne seraient peut-être pas venues spontanément. Ils ont ainsi contribué à élargir le cercle des participants et des donateurs.
Enfin, et c’est un point important, ce comité ne s’est pas contenté de nous soutenir : il nous a aussi challengés. Par leur bon sens, leurs questions et leurs suggestions, ses membres nous ont parfois poussés dans nos retranchements. Ils nous ont aidés à clarifier notre message, à rendre notre démarche plus lisible et à mieux ajuster l’organisation de la soirée. Sans eux, cette soirée n’aurait probablement pas rencontré le même succès. Le comité de soutien s’est révélé être un véritable atout : à la fois un appui concret, un relais de confiance et un regard exigeant au service du projet.
- Différents projets ont été sélectionnés afin d’être présentés sur scène lors de la soirée. Quels critères ont guidé la sélection des projets présentés et comment les porteurs de projet ont-ils été préparés ?
Nous avons souhaité sélectionner des projets capables de parler à des publics très différents. L’objectif était que chacun puisse se sentir concerné, qu’il soit catholique convaincu, plus éloigné de l’Église, issu du monde professionnel, sensible à la culture, engagé dans le champ social, ou tout simplement paroissien attaché à la vitalité pastorale de son territoire. La sélection s’est donc organisée autour de trois grands axes : le social, le culturel et le pastoral. Ces trois dimensions correspondent bien à la mission de l’Église : annoncer la foi, prendre soin des plus fragiles, et faire vivre un patrimoine qui est aussi un bien commun culturel et spirituel.
Nous avons également veillé à ce que les projets présentés reflètent la diversité du diocèse, en touchant à la fois le monde urbain et le monde rural, les réalités paroissiales, les enjeux de solidarité et les questions de transmission patrimoniale. Il était important que cette soirée ne donne pas l’image d’un seul type de projet, mais qu’elle montre au contraire toute la richesse et la variété des engagements portés par l’Association diocésaine de Bordeaux.
Un autre critère essentiel était le degré de maturité des projets. Nous ne voulions pas présenter de simples idées ou des concepts encore trop lointains. Les projets devaient être suffisamment avancés, concrets et lisibles pour que les donateurs puissent facilement s’y projeter et comprendre à quoi leur engagement allait contribuer.
Enfin, les porteurs de projet ont été préparés afin de pouvoir présenter leur initiative de manière claire, incarnée et convaincante. L’enjeu était de ne pas seulement expliquer un dossier technique ou immobilier, mais de faire percevoir le sens profond du projet : à quel besoin il répond, qui il va servir, pourquoi il est utile aujourd’hui, et en quoi il peut devenir un véritable signe d’espérance pour le territoire concerné. En résumé, nous avons choisi des projets concrets, diversifiés et déjà engagés, capables de rejoindre des sensibilités différentes, tout en exprimant les trois dimensions fortes de cette soirée : la mission pastorale, l’attention sociale et la valorisation culturelle du patrimoine diocésain.
- 312 900 euros ont été récoltés. Cette soirée est-elle une réussite ?
Oui, indéniablement, cette soirée est une réussite. Elle l’est bien sûr par le montant récolté : 312 900 euros, c’est une somme très importante, qui atteint les objectifs que nous nous étions fixés. C’est un très beau cadeau qui a été fait au diocèse, et nous le recevons avec beaucoup de gratitude. Mais cette générosité nous engage autant qu’elle nous honore : elle nous oblige à être à la hauteur de la confiance qui nous a été accordée.
Mais, quitte à surprendre, je dirais que la réussite de cette soirée ne se mesure pas seulement à la somme reçue. Elle se mesure aussi, et peut-être d’abord, à la capacité qu’elle a eue de fédérer largement autour d’une vision : celle portée par Mgr James pour notre diocèse, celle d’une Église vivante, dynamique, audacieuse, capable d’avancer et de répondre aux enjeux du XXIᵉ siècle. Nous voyons aujourd’hui une Église qui, malgré les difficultés, continue d’attirer, de servir et d’annoncer. Le nombre de catéchumènes augmente fortement d’année en année ; cela nous rappelle que beaucoup de personnes cherchent un sens, une lumière, une espérance. Notre responsabilité est donc de leur offrir des lieux accueillants, adaptés et missionnaires.
Cette soirée a montré que l’Église peut être au cœur de la cité, non pas repliée sur elle-même, mais présente, ouverte, attentive aux fragilités, enracinée dans son territoire. Elle peut être comme un phare : un repère qui éclaire, qui guide et qui témoigne de l’espérance dans un monde qui en manque souvent. Alors oui, les 312 900 euros récoltés sont une grande réussite. Mais le plus beau fruit de cette soirée est peut-être d’avoir révélé une communauté de donateurs, de bénévoles, de porteurs de projets et de partenaires qui croient encore profondément à la mission de l’Église.
Comme l’a dit Mgr James à toutes celles et ceux qui ont participé à cette soirée ou soutenu les projets :
“Vous êtes formidables ! Vous êtes les témoins d’une Église vivante.”
- Au-delà de cette soirée, comment chacun peut-il continuer à soutenir ce projet et devenir acteur de cette espérance ?
La soirée “Un toit pour l’Espérance” a permis de récolter une somme très importante, et nous en sommes profondément reconnaissants. Mais il faut garder à l’esprit que l’ensemble des projets présentés représente un investissement de plusieurs millions d’euros. La soirée a donc été une étape décisive, mais elle ne clôt pas la mobilisation : elle l’ouvre. Chacun peut continuer à soutenir ces projets de plusieurs manières.
D’abord, bien sûr, par un don financier, en choisissant de soutenir un projet en particulier ou plus largement la dynamique “Un toit pour l’Espérance”. Certains donateurs peuvent être touchés par un projet social, d’autres par un projet pastoral ou patrimonial : cette diversité est une richesse. Il est toutefois important de rappeler que ces dons spécifiques ne doivent pas se faire au détriment des autres formes de soutien à l’Église, notamment le Denier. Sinon, nous risquerions simplement de « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Le Denier permet de faire vivre la mission quotidienne de l’Église ; les dons aux projets permettent, eux, de bâtir et de préparer l’avenir. Les entreprises peuvent également prendre toute leur place. Elles peuvent soutenir les projets par du mécénat d’entreprise, par des dons en nature, par la fourniture de matériaux, ou encore par la mise à disposition de savoir-faire. Dans des projets immobiliers, sociaux ou patrimoniaux, ces compétences concrètes sont parfois aussi précieuses qu’un don financier.
Enfin, il existe une autre forme de soutien, moins visible mais absolument essentielle : le soutien moral et spirituel. Les porteurs de projets ont besoin d’être encouragés, accompagnés, entourés. Et pour nous, croyants, la prière n’est pas un supplément d’âme : elle est une vraie force. La communion des saints nous rappelle que nous ne portons jamais seuls les œuvres de l’Église.
Devenir acteur de cette espérance, ce n’est donc pas seulement donner de l’argent. C’est aussi mettre ses compétences, son réseau, son temps, sa prière et sa confiance au service d’un projet plus grand que soi. En résumé, chacun peut continuer à soutenir “Un toit pour l’Espérance” selon ses moyens : par un don, par du mécénat, par un engagement professionnel ou bénévole, et par la prière. C’est ainsi que cette espérance pourra prendre corps, pierre après pierre, projet après projet, au service de l’Église et de tous ceux qu’elle accueille.
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