Carême : écouter la Parole, jeûner et marcher ensemble vers Pâques

Retrouvez l’édito de Mgr James pour le mois de mars 2026.

Heureux temps du carême ! Il nous conduit à l’essentiel, au centre de notre foi et de notre vie chrétienne. Dans son message de carême, Léon XIV nous laisse trois mots pour guider ces 40 jours : écouter, jeûner, ensemble. Je cite quelques extraits.

Écouter

On se souvient de la réflexion du défunt pape François : « écouter est plus qu’entendre ». Nous entendons les bruits autour de nous, sans y prêter attention. Nous tendons l’oreille et nous nous concentrons pour écouter. « la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre » ( Léon XIV). Dans l’Ancien Testament, Dieu se plaint du manque d’écoute. Nous connaissons la question du psalmiste : « aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? Ne fermez pas votre cœur comme au désert » (Ps 94). Être disciple du Christ Jésus, c’est cultiver l’écoute de la Parole de Dieu. « Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit ». C’est l’expérience des catéchumènes adultes : « Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique » (Dt 30, 14). Un des catéchumènes du diocèse raconte ainsi le début de sa démarche vers le baptême. Entrant un jour dans une église, il trouve sur un banc, l’évangile selon Saint Luc : « je l’ai feuilleté, puis mis de côté ; j’en ai commencé plus tard une lecture plus active et chaque verset me troublait. Plus je lisais, plus j’étais bouleversé par le récit de la vie du Christ ». La Parole de Dieu nous touche et nous transforme. Aujourd’hui, écouterez-vous Sa Parole ? Cette attitude d’écoute est d’abord celle de Dieu lui-même. Celui-ci dit à Moïse : « j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, j’ai entendu ses cris » (Ex 3, 7). Le Pape poursuit : « l’écoute de la Parole dans la liturgie nous éduque à une écoute plus authentique de la réalité » ; elle nous aide à écouter, à être attentifs au cri des personnes et des peuples. Et ils sont nombreux à crier leur épreuve !

Jeûner

Comment nous préparer à l’écoute ? Par le jeûne, nous rappelle Léon XIV. « Le jeûne constitue une pratique concrète qui dispose à l’accueil de la Parole de Dieu(…) Il sert à discerner et à ordonner les “appétits”, à maintenir vigilant la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation, en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité envers le prochain ». L’enjeu du jeûne, c’est un amour plus grand de Dieu et des frères en humanité. Il se vit donc humblement, en lien étroit avec la méditation de la Parole de Dieu et avec le service du prochain. A ce titre, le Pape nous invite, avec le jeûne, « à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens de communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix ».

Ensemble

Cette marche vers Pâques, nous la vivons avec les catéchumènes, avec les membres de nos paroisses, de nos mouvements. Ensemble, nous sommes appelés à « accomplir pendant le Carême un cheminement commun dans lequel l’écoute de la Parole de Dieu, tout comme celle du cri des pauvres et de la terre, devienne une forme de vie commune et dans lequel le jeûne soutienne une authentique repentance. Dans cette perspective, la conversion concerne, outre la conscience de chacun, le style des relations, la qualité du dialogue, la capacité à se laisser interroger par la réalité et à reconnaître ce qui oriente véritablement le désir, tant dans nos communautés ecclésiales que dans l’humanité assoiffée de justice et de réconciliation ».

D’une certaine manière, un des fruits de notre carême, sera de toujours mieux articuler les trois grandes tâches inséparables de la mission chrétienne : l’annonce de la Parole, la célébration des sacrements, le service de la charité. Ces trois tâches « s’appellent l’une l’autre et ne peuvent être séparées l’une de l’autre » ( Benoit XVI, Deus caritas est, n° 25 ). Le fruit de notre méditation de la Parole de Dieu et de notre jeûne aura pour conséquence un meilleur service de l’humanité : rappelons-nous à ce sujet la lettre « Dilexi te » de notre Pape qui elle aussi peut nourrir notre carême. Et le service de la charité, proposé dans les paroisses et les mouvements caritatifs, nous conduira à célébrer et à recevoir la charité du Christ dans les sacrements. Au cours de ce carême, par exemple, il nous sera proposé de célébrer le sacrement de pénitence et de réconciliation, pour grandir dans l’amour de Dieu et des frères. Je remercie les prêtres présents à Bordeaux de lancer une première « journée du pardon » juste avant d’entrer dans la Semaine Sainte, le vendredi 27 mars prochain, de 9 h le matin à minuit, à l’église Notre-Dame de Bordeaux. A toutes les heures, plusieurs prêtres seront là pour la célébration de ce sacrement. Fortifiés et réconciliés, nous aurons alors la joie de fêter Pâques, le grand Mystère de la mort et la résurrection du Christ.

Bon carême,
+Jean-Paul James

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