Retrouvez l’homélie prononcée par Mgr Jean-Paul James le dimanche 4 janvier à la cathédrale de Bordeaux.
« Quand je n’ai pas le moral, je relis cette phrase : « l’Espérance ne déçoit pas » et je reprends courage ». Citation d’une personne malade du diocèse qui a vécu le jubilé de l’Espérance. En 2026, nous vivrons d’Espérance, du Christ notre Espérance ! C’est mon souhait pour le diocèse. Comment ? L’Épiphanie me suggère trois mots : route, présent, aimant.
Oui, l’Espérance nous met en route. Les rois mages prennent la route à la vue de l’étoile. Ils se risquent, ils avancent, ils se bougent. Et ils sont guidés par l’étoile, guidés par le Seigneur : GPS. Guidés par le Seigneur nous vivons d’espérance en commençant et en recommençant à marcher, inlassablement, chaque jour. Nous vivons d’espérance en commençant et recommençant à aimer ceux qui nous entourent, le conjoint, les enfants, les amis, les collègues de travail ; et dans cette vie de tous les jours, en commençant et recommençant à comprendre qu’il nous est possible de rencontrer le Seigneur. Pour nous pèlerins, l’espérance est un moteur puissant. Charles Péguy, le poète, le décrit si bien : « Il y avait une grande procession. Aussi les 3 vertus théologales marchaient en tête. Mais elle, l’espérance elle n’est jamais fatiguée. Voyez comment elle marche. Elle va devant, elle revient, elle repart, elle fait vingt fois le chemin. Elle ne tient pas en place. Elle voudrait tout le temps marcher. Aller de l’avant ». Oui, l’Espérance nous met en route.
Au présent. Alors aumônier scout à Rome, j’échangeais dans un camp à la nuit tombée, avec un des jeunes louveteaux romains ; voyant le ciel, il me dit : « mais qu’est-ce qui brille là -haut ? ». Incroyable ! Il n’avait jamais vu les étoiles ! J’ai compris que les lumières de la ville empêchent de voir les étoiles. Elles sont parfois trompeuses, factices, superficielles, les lumières de la ville et du monde. Pèlerins de l’espérance, il nous arrive de faire fausse route. Les mages eux-mêmes se trompent, ils arrivent à Jérusalem un peu perdus. Et c’est alors que vient le contraire de l’espérance : le découragement, l’inquiétude, le désespoir. Autant de choses qui gâchent notre présent. Mais le Seigneur veille. À Jérusalem, sur le lieu même où ils sont perdus, la Parole de Dieu les éclaire : le Christ doit naitre à Bethléem, entendent-ils et ils retrouvent l’étoile. Nous aussi la Parole de Dieu nous éclaire au présent. Nous connaissons cette parole de Jésus : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Donc, avec Jésus on peut tout faire. Avec Jésus présent dans Sa Parole et les sacrements. Notre espérance est alimentée par la prière, les sacrements de la foi. Ceux-ci font avancer avec courage les catéchumènes, les baptisés dans la ville avec ses violences et ses tentations. C’est notre expérience pendant l’année jubilaire : de Saint-Seurin à la cathédrale,  en passant par Notre-Dame, nous avons été pèlerins dans les rues de Bordeaux, croisant ceux qui font leurs courses et ceux qui travaillent ; au milieu de la foule, nous marchons et nous marcherons en 2026, habités par la force et la lumière intérieures présentes en nous, pour discerner, choisir et orienter nos vies selon l’Évangile.
En route, au présent et en aimant. Pour les mages de l’Évangile, le but de la marche n’est pas Jérusalem, le lieu du pouvoir et des puissants, mais Bethléem, lieu de la fragilité, là où Dieu se révèle sous les traits d’un nouveau-né. Ridicule, insignifiant ! pensent certains. Que peut le Nouveau-né ? Mais, pendant les fêtes, lors de nos réunions de familles, nous en avons fait l’expérience : l’enfant peut changer nos cÅ“urs ! Le Christ petit enfant, fragile et pauvre dans la crèche, ouvre nos cÅ“urs, et nous fait découvrir la joie d’aimer et de vivre en frères : regardons, dans nos crèches, les santons réunis par le Christ dans une communion fraternelle. La fondatrice d’ATD Quart Monde écrivait : « Je dois aux pauvres d’avoir compris que le secret de l’espérance c’est la fraternité » (Geneviève Anthonioz- de Gaulle). Aimer en donnant, en se donnant et l’espérance grandit. Alors à la suite des mages, cette année 2026, nous offrons notre or, notre encens, notre myrrhe :Â
– L’or de notre temps, ce bien le plus précieux. Oui, nous donnons de notre temps, comme tant de diacres, de personnes engagées dans la santé, la solidarité, l’éducation, la famille, là où la vie peut renaître
– L’encens de nos prières qui montent vers Dieu, à la suite des carmélites et consacrés, des prêtres, de celles et ceux qui animent nos liturgies.
– La myrrhe, celle qui nous rappelle le mystère du Christ mort sur la croix et ressuscité, Lui qui nous fait dépasser des histoires douloureuses, ou nous aide à traverser l’échec.
À la crèche, l’Enfant Dieu accueille ces dons faits dans les moments de joie mais aussi dans les moments d’épreuves. Le Seigneur Jésus voit, dans l’ordinaire des jours, nos actes d’amour si coûteux parfois,  nos impatiences retenues, nos sourires dispensés, l’accueil de ceux qui nous dérangent, nos pardons donnés et redonnés. Chers amis, oui en 2026,  nous vivons et nous vivrons d’Espérance en prenant la route, dès aujourd’hui, en aimant comme le Christ Notre Espérance. Avec vous, déjà je rends grâce. Amen
L’article Homélie de Mgr James -Clôture de l’année jubilaire & Épiphanie 2026 est apparu en premier sur Diocèse de Bordeaux – Église catholique en Gironde.
