Homélie de Mgr James pour la messe interscout 2026

Mercredi 3 juin, Mgr James présidait la messe rassemblant la grande famille des mouvements de scoutisme catholiques présents sur le diocèse de Bordeaux. Retrouvez son homélie.

Le départ en camp, c’est tout proche. Il se prépare. Mais l’Évangile est troublant :  faut-il partir sans sac à dos, sans duvet, sans chaussures ni sandales ? Sans rien ? Mais on ne va jamais avoir l’agrément « Jeunesse et sports » !!! Alors, à quoi sert ce vieux texte qui vient d’être lu ? D’ailleurs pourquoi venir ce soir à cette messe à Saint-Seurin ? On est déjà en retard sur les papiers à remplir, le grand jeu à préparer, et il nous manque quelqu’un qui aurait le BAFA ou le BAFD.. Alors ? Alors, ce soir, on est là pour l’essentiel, ce que je me rappellerai de ce camp  dans 10 ou 20 ans. Mais de quoi je me rappellerai ? Du menu du concours cuisine ? De l’équipe qui a gagné la Sioule ou le grand jeu ? Peut-être mais surtout, de ce qui a changé ma vie, ce qui m’a fait grandir ! Alors, nous dit Jésus : regarde avant de partir, les provisions invisibles, ce qui va te nourrir, ce qui va faire que ton camp soit une vraie aventure intérieure. Et j’en retiens trois : un camp fraternel, joyeux et missionnaire.

Oui, un camp fraternel. Un camp, ça ne se vit pas seul ! Dans l’Évangile : Jésus envoie un groupe de 12. Tous sont appelés à partir, mais pas seuls ! Voilà un groupe ! Chaque groupe a son nom ! Et on partage le quotidien très simple : la tente ! La nourriture ! La fatigue de la marche, et des discussions qu’on n’a jamais eues ! La famille scoute, quelle que soit son étiquette, c’est une école de fraternité ! Jésus la demande, cette fraternité, il est venu pour cela ! Notre monde est à bout de souffle car c’est souvent chacun pour soi, chacun son intérêt ! Non à ce monde-là où on déclenche des guerres sans penser à ceux qui vont recevoir les bombes ! A la suite du Christ, la famille scoute veut la fraternité ! Et c’est concret : à la fin de la journée, quand je suis fatigué, je me retiens de critiquer le cuisinier ou le mauvais temps ! Au contraire, j’ai un mot d’encouragement. C’est un combat intérieur, très dur que de vivre cela ! Mais, c’est dans ce combat intérieur qu’évêque je reconnais les vrais gens forts !

Un camp joyeux ! Merci aux bout en train qui  animent les veillées et il y en a des jeunes qui m’ont fait rire dans les camps, qui avaient des talents de comédiens ! Mais tout le monde n’a pas cette qualité. Et pourtant, tous peuvent contribuer à un camp joyeux. Quelle est la vraie joie ? La joie du don ! « Donnez gratuitement », dit Jésus ! La corvée d’eau qui la fait ? Donner un coup de main pour monter une tente sous la pluie ! Soutenir l’une d’entre nous qui s’est tordu le pied ! On fait ça avec le sourire aux lèvres ? Pas toujours ! Mais il y a une vraie joie intérieure à l’avoir fait ! Qu’est-ce que je retiens d’un camp ? Une épreuve surmontée avec joie !

Un camp missionnaire ! Chaque mouvement a ses temps spirituels, la manière de les vivre ! Car il y a un point essentiel :  lié ou pas à une religion, à l’aise ou pas avec mon baptême, nous avons en commun, d’avoir une vie spirituelle ; tous nous nous interrogeons sur le sens de la vie, l’importance de l’amitié et de l’amour, et sur la fragilité de la vie ; c’est notre dignité de personne humaine de pouvoir ainsi donner du sens, d’avoir une vie spirituelle ! Jésus nous le rappelle. Jésus sait qu’on est différents, frères et sœurs différents : il y a ceux qui sont heureux de parler de leur foi, il y a ceux qui s’interrogent, il y a ceux qui sont agressifs sur ces thèmes. Il y a  ceux qui nous accueillent et ceux qui ne nous accueillent pas, et qu’est-ce qu’on fait ? RESPECT ! Croyant, je respecte celle qui me dit se poser plein de questions ! Et, moi qui suis agressif par rapport à la religion, je respecte celle que je vois prier avec son dizainier. Jésus le dit dans l’Évangile quand certains n’accueillent pas ses disciples :  Les missionnaires ne s’imposent pas, ils se proposent ! Mais tous dans un camp, ont le souci de leur vie intérieure !  Lors d’un camp vécu comme prêtre aumônier, un scout m’a évangélisé : il faisait la veille du feu seul dans la nuit, et, de loin, je le surprends à lire  l’Évangile à la lueur du feu. L’année scolaire qui suivait, j’entends parler de lui dans son lycée : « il a quelque chose de différent ; il rayonne ».

Mes amis, en parlant de cela, c’est vous que je décris, vous qui avez choisi de prendre ce temps essentiel ce soir, avant le camp. C’est très grand ce que vous vivez ! Alors, le Christ Jésus vous envoie avec joie ! En vivant un camp fraternel, joyeux, missionnaire, vous allez servir la vie, l’amour et la paix. Un très grand merci. Amen.

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